Textes
1. Tribune parue à notre demande dans La Croix samedi 26 septembre 2026.

Nous sommes des chrétiens bouleversés par les événements qui endeuillent depuis bientôt trois ans la Terre sainte. Des voix de plus en plus nombreuses s'élèvent pour dénoncer ce que les dirigeants de l'État d'Israël font supporter à la Palestine et aux Palestiniens.Une lettre ouverte a été adressée au mois d'août à l'ensemble des évêques de France par plusieurs d'entre nous pour demander instamment et respectueusement : « Pourquoi l'Église de France se tait-elle devant un génocide commis en Palestine ?" Car il ne s'agit pas d'une "guerre", mais d'un massacre dans un pays occupé, à Gaza, en Cisjordanie. Ce pays est la Terre sainte, où résistent, à côté des musulmans, les descendants des premiers chrétiens. » Les Israéliens qui occupent illégalement la Cisjordanie n'ont rien à voir avec le peuple hébreu dont nous sommes les héritiers spirituels. Il convient de ne pas confondre l'Israël biblique et l'État d'Israël, dont certains dirigeants veulent ladestruction du peuple autochtone et la disparition des lieux saints chrétiens et musulmans. C'est aujourd'hui l'horreur d'une occupation coloniale sans fin, déclarée illégale par la Cour internationale de justice le 19 juillet 2024. Le pape Léon XIV a été invité à venir en France par le président Emmanuel Macron et nous constatons que le gouvernement français, comme l'Union européenne, refuse toujours et obstinément de prendre la moindre sanction contre l'État d'Israël, dénoncé pour ses crimes contre l'humanité et le pire d'entre tous : le crime de génocide.Les évêques de France restent silencieux face à cette tragédie. En contraste, en Italie, le cardinal Matteo Maria Zuppi, archevêque de Bologne, a dirigé en août 2025 une prière de sept heures en égrenant un par un les noms de plus de 12 000 enfantspalestiniens et une dizaine d'enfants israéliens tués à Gaza. Nous n'oublions pas les déclarations du cardinal Alvaro Leonel Ramazzini Imeri, évêque de Huehuetenango au Guatemala et du cardinal franco-algérien Jean-Paul Vesco, archevêque d'Alger. Nous demandons que soit prise en humanité, considération et décision l'appel deschrétiens de Palestine largement diffusé par le document Kairos-Palestine n°2 (PDF, voir ci-dessous), dans lequel ils rappellent que « nous vivons en un temps de génocide, de nettoyage ethnique et de déplacements forcés et cela se passe au vu et au su de tout lemonde ». Ils ajoutent à leur appel à croire : « Nous renouvelons notre messaged'espérance et d'amour et proposons une vision inspirée par la foi pour le temps quisera celui d'après le génocide. »Il a été demandé à nos frères évêques de faire également connaître le réseau « Prêtres contre le génocide », qui rassemble aujourd'hui plus de 2 600 prêtres et prélats des cinq continents, unis par le désir de conjuguer foi, justice etengagement pour une paix véritable. Cette lettre ouverte adressée à nos frères évêques, et au premier d'entre eux, Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, n'a reçu aucune réponse.Notre démarche s'inspire pourtant de l'encyclique du 15 mai 2026, Magnifica humanitas : « Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position, il y a des conflits où il n'est pas juste de rester neutre, et où il ne suffit pas de s'estimer non-complice. » Nous demandons humblement à notre très Saint Père d'intervenir pour que l'Église de France sorte deson silence.
Frère Bertrand-Marie Gilloot, Prieur à l'abbaye de Cîteaux, membre du réseau international Prêtres contre le génocide et du Réseau Chrétiens contre le Génocide
2. Kairos Palestine – L'Initiative palestinienne chrétienne
Un moment de vérité : La foi en un temps de génocide
(15 novembre 2025)
Le chemin de la paix au Proche-Orient passe par le chemin de la vérité et non par les paroles incantatoires de l'Église de France, silencieuse sur le crime de génocide commis à l'encontre de nos frères musulmans et chrétiens de Palestine, silencieuse de ne pouvoir prononcer le mot « Palestiniens » comme étant les habitants ancestraux de Palestine, silencieuse de refuser d'entendre les appels des chrétiens de Palestine.
Nous transmettons la déclaration des chrétiens palestiniens « Un moment de vérité : la foi en un temps de génocide »dans laquelle ils affirment leur foi en Dieu, leur amour pour leur patrie, l'importance de leur lutte pour toute l'humanité entière. Cette déclaration figure dans le document Kairos Palestine n°2 [1] paru à Jérusalem le 14 novembre 2025. Le mouvement Kairos[2] trouve ses origines dans le document « Un moment de vérité » paru en 2009, né de la réalité vécue de la souffrance palestinienne et du désir ardent de justice. Le document s'adresse d'abord à la communauté palestinienne et appelle les Églises du monde entier à rejeter l'injustice et l'apartheid ainsi qu'à œuvrer pour une paix juste et durable avec l'État d'Israël. Il est structuré en plusieurs parties.
La réalité du génocide, de la colonisation et du nettoyage ethnique à Gaza, Jérusalem et en Cisjordanie. La guerre génocidaire a mis à nu l'hypocrisie du monde occidental, ses déclarations creuses pour un réel engagement pour les droits humains et le droit international, révélant son racisme et son attitude de deux poids deux mesures.
Le génocide, toujours en cours, le nettoyage ethnique, le déplacement forcé des Palestiniens s'inscrit dans le projet sioniste colonial dont l'objectif est d'exploiter la terre, ses ressources et sa richesse au seul profit du colonisateur.
Cette guerre a révélé un autre aspect du sionisme, qu'il soit juif ou chrétien, à savoir la justification de la violence.
A Jérusalem, les attaques contre les lieux saints musulmans et chrétiens sont permanentes, elles font partie d'une politique systématique visant à vider la Terre Sainte de ses habitants palestiniens.
Les villes et villages de Cisjordanie occupée, ainsi que les communautés bédouines subissent les attaques incessantes des colons avec le soutien de l'armée israélienne, conduisant à la violence, aux meurtres, à la dévastation des cultures, à l'appropriation ou l'empoisonnement des ressources en eau. Les contrôles des checkpoints privent la population palestinienne de sa liberté de mouvement. A l'intérieur de l'État d'Israël, les Palestiniens subissent un racisme flagrant et toutes sortes de discrimination.
La politique d'arrestations et d'emprisonnements s'est considérablement développée depuis le 7 octobre 2023 avec le recours systématique à la torture, aux violences sexuelles, à la privation de nourriture et au refus de soins médicaux.
Le 30 mars, le Parlement israélien a adopté le projet de loi instaurant la peine de mort aux seuls Palestiniens. Le texte vise ceux qui sont accusés d'avoir agi « avec l'intention de mettre fin à l'existence de l'État d'Israël ». Concrètement, cette loi israélienne s'appliquerait aux seuls Arabes.
Il faut à présent appeler les choses par leur nom : Israël est un État colonial, fondé sur le déplacement ou l'extermination des Palestiniens et leur remplacement par des colons juifs. C'est la force qui fait droit au mépris du droit international (autodétermination, droits des réfugiés, illégalité de l'occupation du territoire palestinien) et du droit humanitaire international (crimes de guerre, crimes contre l'humanité, crime de génocide, bombardements des hôpitaux, assassinats des journalistes palestiniens, famine comme arme de guerre,..).
Un moment de vérité pour le peuple palestinien et un appel aux chrétiens du monde entier. Face à cette réalité, un cri d'appel est lancé à l'intention du peuple palestinien. Ce qui a été construit sur le mensonge et une injustice historique ne pourra jamais mener à la paix. Les solutions commencent parle démantèlement des systèmes oppressifs et racistes. Ce moment de vérité pour les Palestiniens demeure un temps de résistance, incarnée dans la décision de rester sur sa terre. Tenir bon dans la foi et l'espérance, c'est résister. Prier c'est résister. Protéger les Lieux Saints, c'est résister. Préserver la vie sociale, c'est résister.
Le Dieu qui s'est révélé dans l'Ancien et Nouveau Testament se tient aux côtés des opprimés et des écrasés,des victimes de toute forme d'injustice et de tyrannie, quelle que soit leur race, leur religion et leur nationalité. C'est pourquoi chacun est en droit de demander : comment peut-on parler de communion ou de fraternité chrétienne tout en niant, soutenant, justifiant ou simplement en gardant le silence face au génocide.
Nous condamnons tous ceux qui exploitent ou soutiennent l'accusation d'antisémitisme pour réduire la voix palestinienne de la vérité. Tout Juif n'est pas sioniste. Tout sioniste n'est pas Juif. Nous honorons le nombre croissant de voix juives qui s'opposent à la guerre. Il est demandé aux Églises du monde de faire la distinction entre dialogue avec les Juifs et dialogue avec le sionisme.
Croire en temps de génocide. Nous entendons parler de solutions politiques et de paix, alors que la réalité sur le terrain est le contraire. Toute solution politique nécessite de reconnaître et de réparer les torts passés, à commencer l'injustice historique qui a été faite aux Palestiniens depuis la Déclaration Balfour et la montée du mouvement sioniste.
Tout commencement doit impliquer le démantèlement du colonialisme de peuplement et le système d'apartheid codifié dans la Loi fondamentale raciste d'Israël État-nation du peuple juif.
Les solutions durables ne peuvent reposer sur une logique de force, mais sur les fondements de la justice, de l'égalité et du droit à l'autodétermination.
Nous réaffirmons notre rejet d'un État religieux. L'espérance est celle d'un État civil et démocratique fondé sur une culture du pluralisme, sur la base de l'égalité de tous devant la loi et d'une pleine citoyenneté pour tous.
C'est dans cette situation tragique qui dépasse le seul cadre de la Palestine et s'étend à présent au Sud Liban et plus globalement au Moyen-Orient que nous nous associons pleinement à l'appel des chrétiens de Palestine, que nous appelons à la conscience de nos responsables religieux de la Conférence des Évêques de France (CEF) pour s'engager sur le chemin de la paix en prenant acte de la réalité de la situation au Proche-Orient, et à poursuivre le dialogue avec nos frères juifs avec vérité et exigence pour ne pas voir resurgir la plaie de l'antisémitisme.
Il existe, à l'initiative de l'Italie le réseau « Preti contro il genocidio » (Prêtres contre le génocide) (https://www.paxchristi.it/?p=30050) qui compte aujourd'hui plus de 2 200 membres, dont deux cardinaux et 25 évêques ou archevêques, répartis dans 58 pays.
3. Lettre ouverte aux évêques de France
(Août 2026)
Monseigneur,
Depuis la visite de Mgr Aveline en Palestine, en été 2025, la situation sur place ne cesse de se détériorer. Dans le même temps, à travers le monde entier, des voix multiples s'élèvent de plus en plus nombreuses pour dénoncer ce qui devient proprement intenable.
Pourquoi l'Église de France se tait-elle devant un génocide en Palestine ? Il ne s'agit pas d'une "guerre", mais d'un massacre dans un pays occupé, à Gaza, en Cisjordanie. Ce pays est la Terre Sainte, où résistent, à côté des musulmans, les descendants des premiers chrétiens.
Les sionistes qui occupent la Palestine depuis 1948 n'ont rien à voir avec le peuple hébreu dont nous sommes les héritiers spirituels. Ce nouveau peuple ne veut rien de moins que la destruction d'un peuple autochtone et la disparition des lieux saints chrétiens et musulmans. C'est l'horreur d'une occupation coloniale sans fin. La colonisation est un crime de guerre, et l'occupation du territoire palestinien a été déclaré illégale par la Cour internationale de Justice le 19 juillet 2024. A présent, trois ans de génocide à Gaza et nos gouvernements et l'Union européenne refusent toujours obstinément de prendre la moindre sanction contre l'État Israël, seul moyen de marquer un coup d'arrêt à cet État criminel.
L'Église de France, par son refus de nommer les choses et de reconnaître qu'en Terre Sainte un peuple en oppresse un autre s'avère complice du consentement au génocide connu à présent de tous et dénoncé par les plus hautes instances internationales. En contraste, en Italie, S. E. le cardinal Matteo Maria Zuppi a dirigé en août dernier une prière de sept heures en égrenant un par un les noms de plus de 12 000 enfants tués en Palestine occupée.
Rien ne justifie par ailleurs que l'Église de France n'accepte comme seuls interlocuteurs que le CRIF et le Consistoire, dont les positions sionistes, voire génocidaires, comme celle du grand rabbin de France, Haïm Korsia, souhaitant que l'armée de l'État d'Israël finisse le travail ou celle du grand rabbin de Marseille, Rehouven Ohana, évoquant en 2024 une guerre juste et existentielle et rejette en même temps d'autres interlocuteurs juifs pacifistes et antisionistes comme l'Union juive française pour la paix (UJFP) .
Nous souhaiterions que vous preniez en humanité, considération et décision le document Kairos-Palestine n°2 (https://justice-paix.cef.fr/wp-content/uploads/2025/12/doc-kairos-palestine-ii-f-traduction-adsf-finale.pdf) dans le quel il est rappelé que « Le chemin de paix au Proche-Orient passe par le chemin de vérité et justice pour répondre au crime de génocide commis à l'encontre de nos frères palestiniens, musulmans et chrétiens qui sont les habitants ancestraux de Palestine. Nous vous transmettons à ce titre la déclaration des chrétiens palestiniens « Un moment de vérité : la foi en un temps de génocide » dans laquelle ils affirment leur foi en Dieu, leur amour pour leur patrie, l'importance de leur lutte pour toute l'humanité entière ».
Nous avons fait connaître autour de nous le Réseau « Prêtres contre le Génocide » qui rassemble aujourd'hui plus de 2 200 prêtres et évêques des cinq continents, unis par le désir de conjuguer foi, justice et engagement pour une paix véritable, les invitant
à remplir le formulaire ci-joint (https://forms.gle/WH66Tzqa6KgKzyra8). Cette démarche s'inspire de la prise de position du pape Léon XIV dans son encyclique du 15 mai 2026, Magnifica Humanitas, « Il y a des situations dans lesquelles, pour rester humains, nous devons abandonner nos hésitations et prendre position, il y a des conflits où il n'est pas juste de rester neutre, et où il ne suffit pas de s'estimer non complice ».
Nous ne vous demandons rien, Monseigneur, nous vous informons seulement que nous sommes de plus en plus nombreux à nous éloigner d'une Église qui renonce à désigner et à condamner un État génocidaire.
Nous vous prions d'agréer, Monseigneur, nos respectueuses salutations.
Signé "Réseau Chrétiens contre le génocide"
CES CATHOLIQUES QUI SAUVENT L'HONNEUR…
Alors que la Conférence des évêques de France s'obstine à refuser le dialogue avec les Juifs de paix, des cardinaux, évêques et prêtres du monde entier s'élèvent contre le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie.
Plusieurs responsables catholiques ont exprimé publiquement leur horreur face au génocide en cours à Gaza et au nettoyage ethnique en Cisjordanie : citons le cardinal Ambo David, président de la conférence des évêques des Philippine ; le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem ; le cardinal-archevêque de Bologne Matteo Zuppi, président de la conférence épiscopale italienne ; le cardinal-archevêque de Naples Domenico BaNaglia ; le cardinal-archevêque de Rabat Cristóbal López Romero ; le père David Neuhaus, ancien supérieur des jésuites en Terre sainte ; etc. Derniers engagements marquants, dans le sillage du réseau « Preti contro il genocidio » (Prêtres contre le génocide) : le cardinal-archevêque d'Alger Jean-Paul Vesco et plusieurs responsables catholiques africains.
1. Jean-Paul Vesco : « Israël poursuit une logique génocidaire »
Dans une interview du 25 août 2026 à AdVaticanum – site indépendant spécialisé dans l'actualité vaticane et la gouvernance de l'Église catholique –, Jean-Paul Vesco, cardinal-archevêque d'Alger, accuse Israël de poursuivre une « logique génocidaire » visant à « faire disparaître le peuple palestinien en tant que réalité politique et territoriale ».
Le cardinal Vesco rappelle que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'oppose à la solution à deux États depuis plus de vingt ans et que l'expansion des colonies israéliennes a progressivement sapé la possibilité d'un État palestinien.
Il révèle que lors du récent Consistoire, le pape Léon XIV a exhorté les cardinaux à soutenir ses efforts pour s'opposer à la guerre : « Soutenez-moi, soyez avec moi dans cette bataille contre la guerre ». Selon le cardinal Vesco, l'appel du pape est dirigé, au-delà de l'activité diplomatique du Saint-Siège, vers l'Église catholique au sens large : « Il ne s'agit pas seulement de savoir ce que le Saint-Siège peut faire diplomatiquement, dit-il. Imaginez un milliard et demi de fidèles qui diraient tous ensemble "Assez !" ».
Le cardinal-archevêque d'Alger se dit préoccupé par le fait que la communauté internationale traite de plus en plus la puissance militaire comme la principale mesure de la force nationale. Il déplore la croissance des dépenses en armements et le développement de l'intelligence artificielle aux côtés de la course aux armements. « Les plus forts sont ceux qui possèdent les plus grandes armées. Aujourd'hui, la puissance militaire devient le facteur déterminant. [...] La course aux armements, combinée à l'intelligence artificielle, nous mène peut-être vers la fin du monde. »
Concernant Gaza, Jean-Paul Vesco s'appuie sur sa propre expérience du conflit israélo-palestinien, ayant vécu à Jérusalem pendant deux ans et visité Gaza à plusieurs reprises pendant l'Intifada. Il rappelle avoir connu des points de contrôle et avoir été témoin de l'humiliation qu'ils représentaient. « Aujourd'hui, c'est bien pire », constate-t-il.
Le cardinal fait valoir que les obstacles à l'État palestinien sont antérieurs aux attaques du Hamas du 7 octobre 2023. Il souligne que sa critique vise la direction politique de l'État d'Israël et non les Juifs en général. « La solution à deux États, Netanyahou n'en veut pas depuis plus de vingt ans. »
Il attribue l'érosion des perspectives d'un État palestinien à une stratégie poursuivie au fil des décennies par l'expansion des colonies israéliennes (« Des colonies, des colonies, encore des colonies ! »). « Le résultat, c'est que vous n'avez plus d'État, vous avez un archipel. »
Il décrit néanmoins les attaques du Hamas du 7 octobre comme un acte de terrorisme : « Il ne peut y avoir d'ambiguïté à ce sujet ». Dans le même temps, il déclare que la réponse israélienne est disproportionnée, et que l'affaiblissement du Fatah, membre de l'Organisation de Libération de la Palestine, et d'autres groupes qui recherchent la paix, contribue aussi à la situation actuelle.
Interrogé sur la question de savoir si la situation à Gaza peut être qualifiée de génocide, le cardinal Vesco répond « oui ». Pour lui, la question implique à la fois le déni de la possibilité que le peuple palestinien existe en tant qu'entité politique et territoriale, et la destruction physique à grande échelle des Palestiniens. Il tient à distinguer le terme de génocide de celui d'Holocauste, qu'il décrit comme un événement historique unique. « Le fait que les deux choses soient incompatibles ne signifie pas que nous ne pouvons pas parler de génocide », ajoute-t-il. « Chaque processus colonial contient une composante potentiellement génocidaire, et il est clair que la Cisjordanie fait partie du projet du Grand Israël. »
Le cardinal Vesco déclare que les autorités israéliennes ont été empêchées d'entreprendre certaines actions grâce à la surveillance internationale, mais qu'aujourd'hui elles ont l'impression de « bénéficier d'une sorte de couverture ». Il indique qu'il existe en Israël même une opposition « d'Israéliens indignés », mais dont les voix ne sont pas suffisamment entendues. « Ce sont eux qui sauvent l'âme d'Israël ». Sur ce point, il se réfère au théologien allemand Dietrich Bonhoeffer et à d'autres Allemands qui ont résisté à Hitler – tout en rejetant la comparaison entre Hitler et Netanyahou ("la comparaison concerne ceux qui résistent aux actes répréhensibles de ceux qui sont au pouvoir et non les dirigeants eux-mêmes").
Lien :
https://advaticanum.com/article/cardinal-vesco-accuses-israeli-leadership-of-pursuing-genocidal-logic-in-gaza/
2. En Afrique, des leaders catholiques pour une mobilisation générale
Pax Christi – ONG autonome consultante auprès de l'ONU, de l'Union Européenne et du Conseil de l'Europe, reconnue par l'Église catholique pour accomplir sa mission de paix – rapporte que des cardinaux et des prêtres africains exigent la fin des violences en Terre sainte et dénoncent le génocide à Gaza.
Dans une déclaration commune du 8 août 2026, des membres du clergé catholique d'Afrique du Sud, du Nigéria, du Zimbabwe, du Cameroun, du Sénégal, du Mali et de l'Ouganda – dont le cardinal sud-africain Stephen Brislin – affirment que les politiques et les actions du gouvernement israélien à Gaza constituent un génocide et appellent à une mobilisation internationale d'urgence. Ils invitent les responsables religieux à rejoindre le réseau mondial « Priests Against Genocide » (Prêtres contre le génocide) dont sa branche africaine Priests Against Genocide – Africa (PAGA).
S'appuyant sur l'expérience africaine en matière de guerre, de déplacements de populations et d'apartheid, les signataires affirment que leur histoire les conduit à reconnaître les mêmes schémas en Palestine. Ils citent notamment la déclaration de Nelson Mandela en 1997, selon laquelle la liberté de l'Afrique du Sud est incomplète sans celle de la Palestine, ainsi que les conclusions de la Cour internationale de Justice (CIJ) et d'organisations de défense des droits humains qualifiant les politiques israéliennes d'apartheid.
Leur appel, qui se fonde sur les Écritures et la doctrine sociale de l'Église catholique, précise que la condamnation vise le gouvernement israélien et ses politiques – et non les Juifs ou le judaïsme ; il condamne « sans réserve » le meurtre de civils et la prise d'otages perpétrés par le Hamas le 7 octobre 2023.
Les signataires réclament : la fin immédiate du génocide à Gaza et des violences en Cisjordanie, avec un accès humanitaire total ; l'arrêt des déplacements forcés en Terre sainte ; la coopération avec les mécanismes judiciaires internationaux ; la suspension des transferts d'armes et de technologies de surveillance susceptibles d'être détournés de leur usage ; un examen éthique des investissements connexes ; l'obligation de rendre des comptes et des réparations pour les personnes affectées ; un avenir politique fondé sur l'autodétermination palestinienne et sur l'égalité, la sécurité et la dignité tant pour les Israéliens que pour les Palestiniens.
Ils adressent le même appel aux gouvernements africains, insistant sur le fait que le droit international doit s'appliquer de manière égale aux conflits au Soudan, au Soudan du Sud, dans l'est de la République démocratique du Congo et dans la province de Cabo Delgado.
Signataires au nom de Prêtres Contre le Génocide – Afrique (PAGA) :
Cardinal Stephen Brislin (Afrique du Sud) - Père Kufre Afangide, SPS (Nigeria) - Père Matthew Charlesworth, SJ (Zimbabwe) - Père Hans-Joachim Lohre, MAfr (France/Mali) - Père Bonaventure Mashata, MAfr (Afrique du Sud) - Père Mokesh Morar (Afrique du Sud) - Abbott Magloire Nkounga Tagne (Cameroun) - Père Peter-John Pearson (Afrique du Sud) - Père Joseph Sene OMI (Sénégal) - P. John Wababa (Ouganda).
Liens :
https://forms.gle/WH66Tzqa6KgKzyra8
www.indcatholicnews.com/news/55707